Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Représentation de la
Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen de 1789
La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (DDHC) est un des textes fondamentaux de la Révolution française, qui « expose » un ensemble de droits naturels individuels et collectifs. Elle est adoptée définitivement le 26 août 1789[1].
Elle comporte un préambule et 17 articles qui mêlent des dispositions concernant les droits des Hommes (Français, étrangers ou ennemis)[2] qui reprennent des dispositions du Droit des gens, les droits des citoyens (Français)[3] qui rappellent ou renforcent les libertés publiques et les droits de la Société (Nation)[4] qui sont, à proprement parler, constituants.
La Constitution française intègre la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen par le biais de son préambule[5]. Ses dispositions sont donc de droit positif et, se plaçant au sommet de la hiérarchie des normes, vont irriguer l'ensemble du droit français.
Lettres patentes de Louis XVI promulgant la
Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen de 1789
Lettres patentes de Louis XVI promulgant la
Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen de 1789 Dernière page.
L’Assemblée réunie à Versailles par la convocation des États généraux pour trouver une solution fiscale au déficit de l'État, se déclare Assemblée nationale en réunissant les trois ordres dont elle décide l'abolition, puis s'institue Assemblée nationale constituante
et décide de rédiger une déclaration des principes fondamentaux à
partir desquels sera établie une nouvelle constitution. Elle se réunit
pour cela, après avoir pris les décrets des 4 et 11 août 1789 sur la suppression des droits féodaux qu'elle reprendra dans l'article premier de la Déclaration.
La Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen a été débattue par l'Assemblée nationale française sous la présidence du Marquis de Mirabeau à partir d'un des trois projets proposés[6], celui de 24 articles rédigé par le VIe bureau, dirigé par Jérôme Champion de Cicé[7]. L'attribution du texte primitif à un La Fayette inspiré par la Déclaration d'indépendance des États-Unis est donc erronée.
La discussion débute le 9 juillet et débouche sur un vote le 26 août 1789, sous l’influence des leaders du tiers état et de la noblesse. Le texte est peu modifié, mais est enrichi d'un préambule.
Ratifiée en partie le soir du 5 octobre 1789 par Louis XVI à Versailles,
sur l'exigence de l'Assemblée qui utilisa la pression d'une foule
vindicative venue de Paris, initialement pour d'autres revendications.
Entièrement promulguée par le Roi à Paris, le 3 novembre 1789, la déclaration des droits est la dernière ordonnance royale. Elle servira de préambule à la première Constitution de la Révolution française.
Le Préambule, ajouté au projet, a été rédigé sous l’influence de Mirabeau, et de Jean-Joseph Mounier, député du Tiers qui avait fait adopter le serment du Jeu de Paume, tous deux monarchiens, c'est-à-dire partisans d’une Monarchie constitutionnelle à l’anglaise.
L’invocation à l’ « Être suprême » a été rajoutée au cours des
séances pour tenir compte des convictions chrétiennes de presque tous
les citoyens.
Le texte de l'article Un « Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit », synthétise la Loi du 4 août 1789 abolissant la société d'ordres hiérarchisés.
L'article 16 associant constitution et organisation de la séparation
des pouvoirs, est un principe antérieurement admis avec la séparation
des ordres spirituel, politique et économique. Mais les trois pouvoirs
politiques auxquels renvoie implicitement cet article, à savoir le
législatif, l'exécutif et le judiciaire, est la conception proposée par
Montesquieu depuis 1750 dans De l’Esprit des Lois.
L'article 3 qui attribue la souveraineté à la Nation s’inspire des
thèmes des remontrances des Parlements, portées par les nombreux
membres du club des Amis de la Constitution, plus connu sous le nom de Club des Jacobins, mais aussi du célèbre pamphlet de l'abbé Sieyès
qui pose l'équation: peuple = Tiers-État, c'est-à-dire que les députés
du Tiers-État sont les représentants légitimes de l'ensemble du peuple.
L'article 6, directement inspiré du philosophe Rousseau a été proposé par Talleyrand.
Lu à la tribune du comité de constitution le 12 septembre 1789, ce qui
deviendra l'article 6 de la déclaration des droits, prenait la forme
suivante : "La loi étant l'expression de la volonté générale, tous
les citoyens ont droit de concourir personnellement ou par
représentation à sa formation ; elle doit être la même pour tous"[8].
Les autres articles reprennent des principes généraux du droit ou de
la procédure qui sont déjà établis, comme la positivité du droit, le
caractère contradictoire des procédures, la non rétroactivité des lois,
etc.
Son idéal est l’individualisme libéral.
C’est une œuvre de circonstance, une proclamation universelle, un texte
tourné vers le passé avec pour objectif d’abolir idéologiquement
l’Ancien régime; mais aussi un texte tourné vers l'avenir en promouvant
la philosophie des lumières et son idéal rationaliste.
Influence de la Révolution américaine ? [modifier]
La Révolution américaine qui précéda la Révolution française,
a influencé les débats de l'Assemblée constituante française autour de
la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Parmi les députés
siégeaient en effet treize hommes qui sont allés en Amérique du Nord
ou qui admirent la Révolution américaine : ce groupe informel des
« Américains » est constitué des nobles envoyés en Amérique, comme
officiers, par le Roi Louis XVI pour soutenir la guerre d'indépendance américaine. Il comprenait le marquis de La Fayette[9], le vicomte de Noailles (qui proposa la fin des privilèges et des droits seigneuriaux le 4 août 1789), le marquis de Ségur, le comte Mathieu de Montmorency, le duc de la Rochefoucauld d'Enville (qui traduit la Constitution américaine de 1787 en français) ; on peut ajouter le marquis de Condorcet qui publia De l’influence de la révolution de l’Amérique sur l’Europe. Il écrit notamment "...ceux
qui, par leur exemple ou par leurs leçons, indiquent à chaque
législateur les lois qu'il doit faire, deviennent après lui les
premiers bienfaiteurs des peuples (p.21)", l'influence américaine est surtout l'exemple de la mise en œuvre de principes révolutionnaires énoncés dans sa déclaration d'indépendance, Condorcet admettant, en introduction, que ces principes sont issus des philosophes Européens.[10]
La Déclaration des Droits servit de modèle à la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen[11] ; La Fayette fut le premier à présenter un projet de Déclaration en France[12], projet qui avait été discuté avec Thomas Jefferson, l'un des Pères fondateurs des États-Unis[13].
Les discussions qui précédèrent l'adoption de la Déclaration par les
députés français ont fait de nombreuses références à l'oeuvre de la
Révolution américaine.[citation demandée]
Cependant, les deux Déclarations divergent sur plusieurs points :
les deux textes ont été élaborés à la même époque, mais dans des cadres
géographique et politique très différents. Les Français ont d'abord
rédigé la Déclaration avant leur constitution (1791). La Déclaration
française est universelle et proclame un principe d'égalité plus
affirmé, alors que les députés américains sont gênés par le problème de
l'esclavage, et par celui des Amérindiens. La Déclaration française insiste moins sur la liberté de culte et ignore le droit au bonheur affirmé par Jefferson dans la Déclaration d'indépendance américaine de 1776[14].
Par ailleurs la Révolution américaine présente de nombreuses
différences avec la Révolution française. Elle recouvre principalement
les événements liés à l'indépendance américaine
vis-à-vis de la monarchie Britannique, dont le principal facteur
déclenchant est un refus du montant de taxes jugées injustes selon le
slogan "No taxation without representation". Les 13 colonies à
l'origine de la guerre d'indépendance ne sont unifiées que depuis 1775.
Lorsque la première constitution américaine est rédigée, celle de
Virginie, elle s'inspire, de la déclaration des droits de 1689, et des travaux des philosophes britanniques (John Locke, Henry Home, Thomas Hobbes) ainsi que des philosophes des lumières (Charles de Montesquieu) qu'ont lus les acteurs de la Révolution américaine tels que Benjamin Franklin ou Thomas Jefferson[15].
La constitution fédérale américaine de 1788, qui a rejeté
l'incorporation d'une déclaration des droits, est une première
application limitée de ces nouveaux principes philosophiques. C'est en
ce sens pratique qu’elle a pu influencer la déclaration française. La
fin de sa ratification par les 13 états américains date du 29 mai 1790,
soit après la date de la déclaration des droits de l'homme et du
citoyen. L'incorporation des principaux droits individuels à la
constitution des États-Unis fait l'objet d'une déclaration des droits
qui a été incorporée à la constitution sous forme d'amendements en 1791
(date de la ratification), soit deux ans après la déclaration française
des droits de l'homme. De plus ces droits sont spécifiquement énoncés
pour contrebalancer le pouvoir du gouvernement fédéral, ils ne
concernent pas les états américains[16]. Ce n'est qu'au XXe siècle que cette position de principe a été revue. La perspective américaine (qui se réfère à la "Common law" Britannique) est très diffèrente de la perspective rationnelle (positiviste) et universelle française[17].
La Déclaration pose les principes de la société, base de la nouvelle
légitimité. Chaque article condamne les principes, les institutions,
les pratiques de l’Ancien régime (absolutisme,
administration centralisée) : « Le principe de toute souveraineté
réside essentiellement dans la nation ». La Déclaration des Droits de
l'Homme et du citoyen légitime la rébellion des députés contre la monarchie en déclarant droit imprescriptible de l’Homme la « résistance à l’oppression ».
Elle a une portée universelle et orientée vers l’avenir. Les
constituants déclarent quels sont les droits qui appartiennent à tout
individu de par la nature même (Préambule : « droits inhérents à la
nature humaine » et ce ne sont pas des droits créés par les
Révolutionnaires, mais constatés). C’est l’aboutissement de la
philosophie des Lumières du XVIIIe siècle tournée vers l’universalisme et l’abstraction.
L’article 2 qui énumère les droits naturels et imprescriptibles de l’Homme, présentés conformément à la conception du libérale du XVIIIe siècle :
Ces droits naturels et imprescriptibles sont antérieurs aux pouvoirs
établis, ils sont considérés comme applicables en tout temps et en tout
lieu.
De nombreux articles sont consacrés à la liberté : l’article 1er
(« Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », les
articles 4 et 5 (qui cherchent à définir et à circonscrire la liberté,
limitée seulement par la loi et définie par « tout ce qui ne nuit pas à
autrui »), les articles 7, 8 et 9 (qui précisent les caractères de la
liberté individuelle : présomption d’innocence, non rétroactivité de la
loi), les articles 10 et 11 (liberté d'opinion, de presse, de conscience). L’égalité est affirmée à l’article 1er,
l’égalité devant l’impôt à l’article 13 (satisfaction des
revendications dans les cahiers de doléances), l’égalité face à la loi
à l’article 6 (égalité dans l’accès aux charges publiques sans autres
distinctions que les capacités individuelles).
La propriété, droit naturel et imprescriptible de l'Homme (article
2) est, en outre, inviolable et sacrée (article 17). Selon cet article
17, « La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en
être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement
constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et
préalable indemnité. ». Les articles qui définissent le citoyen dans
l’organisation du système politique sont beaucoup plus vagues, et
orientés par la défiance vis-à-vis de l’Ancien régime. Selon l’article
6, la loi est l’expression de la volonté générale, l’expression de la
souveraineté, source des pouvoirs publics, qui sont divisés selon
l’article 16 (séparation des pouvoirs). Selon l’article 15, les agents
publics sont responsables de leur administration puisque la société a
le droit de leur en demander compte. Il n’est pas question par contre
de droits sociaux,
qui découlent d'une définition différente du mot "droit": la
Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen détermine la légitimité
des actes, alors que les droits sociaux définissent des garanties
matérielles.
Les Constituants manient des idées générales, des concepts
théoriques bien plus qu’à connaître les conditions concrètes de
gouvernement d’un peuple. Ils ont posé des principes transcendents. La
Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen a une valeur
universelle. Selon le mot de Jules Michelet,
elle constitue le « credo du Nouvel Âge », mais rien n’est précisé
quant à son application concrète. Ce texte sera révéré par tous les
régimes qui se rattachent à la tradition républicaine.
La Déclaration de 1789 a inspiré, au XIXe siècle, un grand nombre de textes similaires dans de nombreux pays d’Europe et d’Amérique latine. La tradition révolutionnaire française est également présente dans la Convention européenne des droits de l'Homme signée à Rome le 4 novembre 1950.
Société des amis des droits de l'Homme et du citoyen [modifier]
Une société politique est fondée sous ce nom à Paris le 27 avril
1790 pour défendre et développer les principes des droits de l'Homme.
Elle est plus connue sous l'appellation de club des Cordeliers, à cause de l'ancien couvent où elle tenait ses réunions à Paris.
Mémoire du monde [modifier]
Depuis 2003, l'ensemble des documents divers ayant trait à la proclamation et à l’entrée en vigueur du texte de la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen est classée par l'Unesco sur la Liste Mémoire du monde recensant les collections du patrimoine documentaire d’intérêt universel, dans le but d'en assurer la préservation.
Cet ensemble de documents, qui prennent sens l’un par rapport à l’autre, est conservé par les Archives nationales et la Bibliothèque nationale de France,
qui ont fait une proposition de classement conjointe. C’est par leur
réunion que l’on comprend la portée tant symbolique que politique de la
Déclaration, ainsi que le contexte historique dans lequel elle a été
rédigée.
- Les archives possèdent un ensemble de documents, dont la version
originale manuscrite de la Déclaration des droits de l'Homme et du
citoyen de 1789. De la confrontation de toutes les variantes existantes
du texte de la Déclaration, il ressort que l’on se trouve en présence
de six états différents, depuis le début des débats jusqu’à la
promulgation de la Constitution de 1791
et non, comme semblent toujours l’indiquer les historiens et le laisser
penser la mémoire collective, d’un texte unique. Figure également dans
cet ensemble, un billet autographe de Louis XVI portant acceptation du texte précédent: « J’accepte
purement et simplement les articles de la Constitution et la
Déclaration des Droits de l’Homme que l’Assemblée nationale m’a
présentés. Le 5 octobre 1789. Louis ».
- La Bibliothèque nationale possède, quant à elle, la première
édition de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen mise au
point au cours de l’été 1789
par l’Assemblée nationale à Paris. Cette édition est le premier élément
de diffusion auprès de la classe politique ainsi que la première trace
imprimée des premiers articles constitutionnels existant en France. Au
plan historique, l’importance de cet exemplaire est capitale. Extrait
des procès-verbaux de l’Assemblée nationale, des 20, 21, 22, 23, 24, 26 août et 1er octobre 1789, Déclaration des droits de l’Homme en société S.l.n.d. (publié par Baudoin, imprimé à Versailles
en 1789). Cette pièce complète l’ensemble du Centre historique des
Archives nationales. Elle est sans doute la toute première édition des
procès-verbaux en question. En effet, Baudoin, membre de l’assemblée du Tiers état de Paris pour l’élection aux États généraux de 1789,
avait été nommé imprimeur de l’Assemblée nationale en juin 1789 et
avait été chargé de l’édition de l’impression des procès-verbaux des
séances.
Liens internes [modifier]
- Déclarations universelles
- Déclarations suivantes
- Déclarations spécifiques
- Déclarations locales
- Divers
Liens externes [modifier]
Notes et références [modifier]
- ↑ Date sur le site du Conseil Constitutionnel [archive]
- ↑ Tels les articles n° 1, 2, 3, 4, 7, 9, 10
- ↑ Tels les articles n° 6 et 14
- ↑ Tels les articles n° 13, 15, 16
- ↑ Sa valeur constitutionnelle dans la Ve République est confirmée par les décisions des 16 juillet 1971 et 27 décembre 1973 du Conseil constitutionnel : elle fait partie du bloc de constitutionnalité
- ↑ Trois projets avaient été proposés, l'un du Marquis de La Fayette, l'autre de l'Abbé Sieyès, et c'est un projet anonyme du VIe bureau qui fut choisi, rapporte Louis Blanc, Histoire de la Révolution française,
sd, éditions du Progrès, II, 198?. Cette commission était celle dirigée
par Champion de Cicé, docteur en théologie, aussitôt nommé garde des
sceaux, mais très rapidement démissionnaire par opposition à la Constitution civile du Clergé.
- ↑ Jérôme Champion de Cicé était un bon connaisseur de la philosophie politique de Thomas d'Aquin dont est issue la distinction entre droits naturels et droits du citoyen.
- ↑ 'Talleyrand, le prince immobile' d'Emmanuel de Waresquiel, Fayard 2006
- ↑ Claude Fohlen, Les pères de la révolution américaine, Paris, Albin Michel, 1989, (ISBN 2226036644), p.234
- ↑ 1786: "Œuvre de Condorcet, tome 8, De l'influence de la révolution d'Amérique sur l'Europe [archive]", publié par A. Condorcet O'Connor et M. F Arago, Typographie de Firmin Didot frères. Paris, 1847
- ↑ Jean Imbert, Les Droits de l’homme en France, Paris, 1985, p.11
- ↑ François Furet, Mona Ozouf (dir.), Dictionnaire critique de la Révolution française, Article « Droits de l’homme » par Marcel Gauchet, Paris, Flammarion, 1988, p.686
- ↑ Claude Fohlen, Les pères de la révolution américaine, Paris, Albin Michel, 1989, (ISBN 2226036644), p.238
- ↑ Claude Fohlen, Les pères de la révolution américaine, Paris, Albin Michel, 1989, (ISBN 2226036644), p.242
- ↑ C. Fohlen, Thomas Jefferson, 1992, p. 26-27.
- ↑ Confirmation de la court suprème américaine: Barron v. Mayor of Baltimore, 32 U.S. (7 Pet.) 243 (1833)
- ↑ Peter Messitte, juge fédéral de première instance, dans "|Examen comparatif du droit coutumier et du système juridique romano-germanique [archive]", Revue électronique de l'Agence d'information des États-Unis Volume 4, numéro 2, septembre 1999
- ↑ C'est le seul droit de l'homme dont sont temporairement privés les prisonniers de droit commun